"Il ne suffit pas de savoir parler. Encore faut-il parler juste !"
William SHAKESPEARE
Journalistes devenus eurodéputé, président de club de foot ou ministre... Jamais le mot de Jules JANIN n'aura été autant d'actualité. C'est à croire qu'avoir fait ses classes dans une rédaction donne un véritable sésame pour accéder aux plus hautes sphères de la vie
publique. Mais pourquoi un tel engouement de la part de responsables politiques ou sportifs pour ses hommes de plume (le mot est ici au singulier, n'y voyez aucune perfidie à l'égard de Frédéric
Mitterrand) ou de micros ? Peut-être pour leur sens de la formule :"Je ne vais pas arriver comme un Tarzan" dixit le nouveau ministre de la culture à propos de la loi Hadopi. "Je
sais que je n'ai pas l'accent, mais seul les résultats comptent" déclarait Jean-Claude Dassier à son arrivée à la tête de l'OM. En véritables communic'acteur, ces professionnels
des médias savent mieux que quiconque parler court, clair et concret, anticiper les évènements, intégrer les attentes et le fonctionnement de la presse. De précieux atouts pour ceux qui les
embauchent, dans une société entrée depuis longtemps en médiacratie.Après son dérapage dans "A vous de Juger", François BAYROU a beau se comparer à Zidane, en terme d'image publique l'affaire est pliée. Le qualificatif d'ignoble lui sera à jamais associé à chaque visionnage de son altercation TV avec Daniel COHN-BENDIT. Lors du dernier grand débat télévisé avant les élections européennes, le président du MoDem s'est montré bien vil politique. Piqué au vif par la phrase, "Tu ne seras jamais président de la république", il en a oublié une règle essentielle en télévision : trop d'agressivité tue. Son masque d'hypocrite, terme qui trouve ses origines dans le mot grec comédien, est tombé quasi en direct devant des millions d'électeurs potentiels. Et de montrer ici la face cachée de l'élu humaniste qu'il donnait à voir jusque là. Lorsque, via nos média trainings, nous apprenons à nos clients à devenir des communic'acteurs, c'est sur la base d'authentiques valeurs. Nous les invitons à choisir la part d'eux-mêmes qu'ils veulent partager avec le plus grand nombre pour mieux faire passer leur message. Pas à composer un personnage qui volera en éclat sous le coup de l'émotion. Si l'incident a été tout "bénef" pour la tête de liste d'Europe Ecologie, c'est peut-être aussi parce que l'ex-icône de mai 68 a usé d'une rhétorique "bio", plus respectueuse de l'environnement... humain. A noter que bien inspiré par François MITTERRAND, son "Je ne suis pas votre élève", lui a évité de répondre "je ne sais pas" à la question du leader centriste sur le seuil de pauvreté en France.
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Conseiller municipal du Raincy, ancien directeur de cabinet du maire d'Epinay-sur-Seine, Jean-Michel GENESTIER témoigne à son retour de New-York du contexte politique et social dans lequel Barack OBAMA vient d'être élu. Merci à lui de m'avoir donné la primeur de ses impressions lors d'une interview réalisée dans mon atelier de média-training, dont les travaux de rénovation sont "presque" terminés...
Mises en situations filmées, exercices de jeu d'acteur, gestion des émotions, travail de l'argumentation...
Lors de mes trainings en communication orale j'associe les techniques de construction du discours issues du journalisme, à celles des
comédiens pour ce qui est de la relation au public. De quoi permettre à mes clients de devenir de véritables communic'acteurs capables de répéter le même message des
dizaines de fois, sans jamais se lasser. Et surtout, en donnant à chaque fois le sentiment à leur auditoire que c'est pour lui qu'ils
prennent la parole. Le meilleur moyen pour cela est de personnaliser au maximum son accroche. En ayant par exemple recours à une anecdote en lien avec la ville visitée ou en donnant en
exclusivité une information attendue par ceux qui sont venus vous écouter. Accompagné d'une gestuelle authentique et d'un registre vocal harmonieux, cet
apprentissage des mots qui touchent se révèle être l'une des clefs d'une prise de parole réussie...
Nous étions le 24 décembre 1998. Le Jour du Seigneur m'avait demandé d'enregistrer
une interview de sœur Emmanuelle, quelques heures avant la "messe de Minuit" en direct depuis Notre-Dame de
Paris. Pour moi, la "pression" était réelle. Avoir la responsabilité d'interroger cette "sainte femme" durant l'émission officielle de l'église catholique, c'était un peu comme si
Marc-Olivier Fogiel interviewait Michel Polnareff devant ses fans à Bercy. Le droit à l'erreur m'était interdit. Simple, conviviale, décontractée dans ses baskets blancs, sœur
Emmanuelle se révéla devant les caméras la "bonne cliente" idéale. Elle n'en était que plus attentive hors champ. Il n'y avait pas eu de répétition. Tout juste avions-nous eu le
temps de faire assez connaissance pour échanger de façon authentique à l'antenne. La magie de la rencontre opéra très vite. La chaleur humaine qui se dégageait d'elle me
faisait oublier la froideur de la cathédrale, encore vide de ses fidèles. C'est donc très spontanément qu'en fin d'entrevue (comme diraient nos amis canadiens) je lui ai donné
RDV dans 10 ans afin de célébrer ses 100 ans aux côtés de nos téléspectateurs. A quelques semaines près le "pari" était tenu. Certes, je ne travaille plus pour les émissions
religieuses. Mais ce blog me permet de continuer à "pratiquer" comme journaliste indépendant. De toutes façons, je ne sais pas si, aujourd'hui, j'aurai souhaité l'interroger ou répondre
à une question qu'elle m'avait posé. Sœur Emmanuelle m'avait en effet demandé, comme à chaque personne qu'elle croisait, ce que je comptais faire pour aider les autres. Je me
demande si ma modeste contribution depuis, ne frise pas le ridicule comparée à son action en faveur des plus pauvres. Pourtant, grâce à elle, le souci de mon
prochain ne m'est plus aussi étranger.
Je n'y ai
d'abords pas cru. Robert Ménard quitterait la direction de Reporters Sans Frontières ? Celui qui fut mon héro lorsque j'étais étudiant, celui dont je ne manquai aucun des "Face à la presse" sur Radio France Hérault va donc cesser de ponctuer
l'actualité par ses coups de gueule en faveur de la liberté de la presse ? Entendre ou voir Robert Ménard dans les médias c'était un peu ma madeleine de Proust à moi. Le lien sur les
ondes qui m'unissait secrètement au Montpellier de ma jeunesse. Celui des mes débuts dans le journalisme, où je recevais Monseigneur Gaillot au micro de ma radio associative avant de le
conduire dans les locaux de mes concurrents du service public. Robert Ménard, je l'entends encore pester après Alain Bédouet au moment du décrochage local d'avec France Inter. Un soir,
s'adressant à Alain Thomas, son rédacteur en chef, il eut cette formule avant de prendre l'antenne : "Toubon, c'est tout mauvais!" C'est en juin 1985, l'année du millénaire de
Montpellier que Robert Ménard créa l'association de défense des droits de la presse avec 3 autres journalistes de la ville. Je me souviens encore de leurs premiers locaux, modestes, mis à leur
disposition par le conseil général. 23 ans déjà... Robert, tu vas me manquer.
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